Exemples d’introduction de dissertation de philosophie : 5 modèles
5 modèles d’introduction de dissertation de philo notés 16+/20 au Bac 2026 : accroche, définitions, problématique, plan. Exemples détaillés.
Pourquoi l’introduction est-elle décisive ?
Le correcteur lit chaque jour 20 à 30 copies en philo. L’introduction conditionne son humeur pour les 6 pages suivantes. Une introduction qui pose mal le sujet plombe la copie pour le restant de la lecture.
Une bonne introduction : accroche pertinente, définition des termes, tension du sujet, problématique formulée, annonce du plan. 4 à 8 lignes max.
Quelle structure d’introduction adopter ?
La structure canonique en 4 étapes :
- 1. Accroche : phrase introductrice qui amène le sujet (citation, fait d’actualité, exemple historique).
- 2. Définition des termes du sujet : chaque mot important reçoit sa définition.
- 3. Tension du sujet : pourquoi le sujet est-il un problème ? Quel paradoxe rend-il débattable ?
- 4. Problématique + annonce du plan : question synthétique + énoncé des 3 parties.
Modèle 1 : « La liberté est-elle l’absence de contraintes ? »
Introduction modèle : « Lorsque Mai 68 fait éclater le slogan “Il est interdit d’interdire”, c’est l’idée d’une liberté sans entrave qui s’affirme. La liberté désigne au sens commun la capacité de faire ce que l’on veut, et la contrainte semble bien désigner ce qui empêche cette capacité. Pourtant, un enfant à qui rien n’est interdit est-il vraiment libre ? L’absence de loi ne fait-elle pas le règne du plus fort ? Nous devrons donc nous demander : faut-il identifier liberté et absence de contraintes, ou la véritable liberté suppose-t-elle au contraire des contraintes ? Nous verrons d’abord que la liberté semble s’opposer à toute contrainte (I), puis que les contraintes peuvent au contraire la rendre possible (II), avant de comprendre que la véritable liberté est l’autonomie qu’on se donne à soi-même (III). »
Modèle 2 : « Peut-on être heureux sans être libre ? »
Introduction modèle : « Brave New World d’Aldous Huxley imagine une société où chacun est heureux sans choisir, drogué au “soma”. Ce roman pose une question vertigineuse : le bonheur sans liberté est-il un véritable bonheur ? Le bonheur désigne un état durable de satisfaction, la liberté la capacité de se déterminer par soi-même. Or, le sens commun lie souvent les deux, comme si l’un appelait l’autre. Mais l’histoire montre que des esclaves épanouis et des dominés contents existent. Peut-on donc dire qu’un homme heureux mais asservi est réellement heureux ? Nous montrerons d’abord que le bonheur semble pouvoir se passer de liberté (I), puis que cette indépendance est trompeuse (II), enfin que le bonheur véritable inclut nécessairement la liberté (III). »
Modèle 3 : « La science peut-elle nous dire qui nous sommes ? »
Introduction modèle : « Le séquençage du génome humain en 2003 a relancé un vieux rêve : comprendre l’homme par la science. Mais la science, comme savoir rigoureux fondé sur l’observation et l’expérimentation, peut-elle saisir ce que nous sommes en tant qu’êtres conscients ? La question de l’identité humaine touche à la dimension subjective de l’existence : les sciences cognitives expliquent les mécanismes neuronaux, mais saisissent-elles la sensation d’être soi ? Nous nous demanderons : la science suffit-elle à nous dire qui nous sommes, ou laisse-t-elle un reste irréductible ? Nous verrons d’abord que la science peut éclairer notre nature (I), puis qu’elle bute sur la subjectivité (II), enfin que d’autres savoirs sont nécessaires pour saisir notre identité (III). »
Modèle 4 : « Faut-il toujours dire la vérité ? »
Introduction modèle : « En 1797, Benjamin Constant accuse Kant de vouloir qu’on livre un innocent réfugié chez nous au meurtrier qui le cherche, par souci de vérité. La vérité, conformité du discours au réel, est traditionnellement valorisée. Pourtant, sa proclamation absolue peut conduire à des conséquences moralement inadmissibles. Doit-on toujours dire la vérité, même quand elle blesse ? Existe-t-il des mensonges utiles, justes ? Nous montrerons d’abord que la vérité paraît un devoir absolu (I), puis que des exceptions semblent légitimes (II), enfin que la véritable question est celle du contexte et de la responsabilité morale (III). »
Modèle 5 : « Le travail nous libère-t-il ? »
Introduction modèle : « L’inscription « Arbeit macht frei » à l’entrée d’Auschwitz est l’une des plus cyniques de l’histoire. Elle invite pourtant à interroger sérieusement la promesse moderne : le travail comme voie d’émancipation. Le travail est l’activité par laquelle l’homme transforme la nature pour subvenir à ses besoins ; libérer signifie affranchir de toute dépendance. Or, le travail apparaît tantôt comme aliénation (Marx) tantôt comme accomplissement (Hegel). Faut-il alors penser que le travail nous libère, ou qu’il nous asservit ? Nous montrerons d’abord que le travail libère par la maîtrise de la nature (I), puis qu’il aliène dans le système capitaliste (II), enfin que sa valeur libératrice dépend des conditions sociales (III). »
Quelles erreurs éviter dans une introduction ?
Les pièges classiques :
- Définition oubliée : le terme central du sujet n’est pas défini.
- Accroche fantaisiste : « De tous temps, l’homme s’est demandé ... » → cliché, à éviter absolument.
- Pas de tension : tu énonces le sujet sans montrer qu’il pose problème.
- Problématique = sujet reformulé : « Le travail nous libère-t-il ? » → « Est-ce que le travail nous libère ? » (rien de neuf).
- Annonce du plan trop longue : 3 phrases qui répètent les titres de partie.
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