XVIIᵉ siècle · Comédie (en vers)
Objet d'étude : Le théâtre du XVIIᵉ siècle au XXIᵉ siècle · Parcours : Mensonge et comédie
Représentée vers 1642 et publiée en 1644, Le Menteur est une comédie en vers de Pierre Corneille, plus connu pour ses tragédies (Le Cid, Horace). Dorante, jeune homme tout juste arrivé à Paris, est un menteur invétéré : il invente sans cesse des histoires pour se faire valoir et séduire. Aidé malgré lui de son valet Cliton, il s'emmêle dans ses propres mensonges.
Amoureux, Dorante confond deux jeunes filles, Clarice et Lucrèce, ce qui multiplie quiproquos et embrouilles. Ses mensonges lui reviennent en boomerang : son père Géronte, ses rivaux, ses belles le prennent en défaut. La comédie tire son comique de cette mécanique du mensonge qui se retourne contre celui qui ment — jusqu'à un dénouement où Dorante, par chance, retombe sur ses pieds.
Dorante ne ment pas par nécessité mais par virtuosité : il invente des récits brillants, improvise, embellit. Le menteur est une sorte de poète, un créateur de fictions — ce qui le rend séduisant.
Chaque mensonge en appelle un autre pour le couvrir ; l'engrenage s'emballe et finit par piéger le menteur. Le comique naît de cette mécanique qui se retourne contre Dorante.
La confusion entre Clarice et Lucrèce multiplie les malentendus. L'amour, contrarié par le mensonge, devient source de comique de situation.
Le menteur est un metteur en scène : il invente des rôles, des décors, des situations. La pièce réfléchit le théâtre lui-même, art de l'illusion et de la fiction.
La comédie ne condamne pas vraiment le menteur : Dorante s'en tire. Corneille interroge avec légèreté la frontière entre mensonge condamnable et imagination créatrice.
Le « menteur » : jeune homme brillant, vaniteux et imaginatif, qui ment sans cesse pour séduire et se faire valoir. Figure centrale, ambiguë et comique.
Le valet de Dorante. Bon sens populaire, il s'étonne et s'inquiète des mensonges de son maître : il sert de contrepoint lucide et de ressort comique.
Les deux jeunes filles que Dorante confond. La méprise sur leur identité est le moteur des quiproquos amoureux.
Le père de Dorante. Il incarne l'autorité paternelle et la vérité, trompé lui aussi par les mensonges de son fils.
« Le Menteur »
Le titre
Le titre désigne le personnage par son défaut-talent : c'est le mensonge, érigé en caractère, qui définit le héros et fait la pièce.
« Mensonge et comédie »
Parcours associé
Le mensonge n'est pas seulement un thème : il est le ressort du comique (engrenage, quiproquos) et une métaphore du théâtre, art de l'illusion.
« Le menteur, un imaginatif et un poète »
Lecture critique
La force comique de Dorante tient à ce qu'il ment avec génie : ses fictions sont des créations. Le menteur fascine autant qu'il se condamne.
Sujet type
« Dans Le Menteur, le mensonge est-il seulement un défaut comique, ou aussi une forme d'invention théâtrale ? »
Plan détaillé
I. Le mensonge, ressort du comique
II. Le mensonge, une invention créatrice
III. Une comédie qui réfléchit le théâtre
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